Les tests des distributions de FRlinux #5 : Debian 3.1r0 (sarge)

Dernière mise à jour : 26/06/2005

    Eh oui, vous l’attendiez depuis un moment, j’ai finalement fait ce test pour la nouvelle Debian que personne n’attendait plus (enfin façon de parler). Donc quoi de neuf au pays du libre ? Eh bien nous commencerons par l’annonce officielle. Vous noterez au passage les changements suivants : noyau 2.6.8 sauce Debian, KDE 3.3, Gnome 2.8.3, XFree 4.3.0 (oui, vous avez bien lu, mais je vais y revenir), Gimp 2.2.6, Mozilla 1.7.8, Firefox 1.0.4, Thunderbird 1.0.2, PosgreSQL 7.0.4, MySQL 4.0.24, GCC 3.3.5, Apache 2.0.54 (il est possible d’utiliser 1.3.33 si vous le désirez), Python 2.3/2.4, Perl 5.8.4 et bien plus encore. Il faut préciser que Debian est disponible sur beaucoup d’architectures, d’où une des raisons de sa sortie retardée.

Au rayon des tests, j’utilise Debian dans un cadre professionnel, je vous ferais donc part de cette partie à la fin de l’article. Je vais d’abord me concentrer sur la partie station de travail pour utilisateur moyen. J’ai testé cette distribution sur de nombreuses machines avec des succès généralement très bons (sauf certains serveurs Dell que j’ai du redémarrer en kernel 2.4 pour accéder au lecteur de CD-ROM). Ma machine principale de test était un Athlon XP 2600+ avec 1GO de RAM, une geforce 6800GT avec écran Samsung 171P LCD 17″, une SBLive Creative et un disque SATA 250GO sur carte Silicon (sil3112). Des tests divers et variés ont aussi été fais sur un portable IBM T42 et un Pentium III 500Mhz avec 512MO de RAM. J’ai effectué toutes mes installations avec la commande linux26 au démarrage du CD (netinstall) sinon il démarre avec le 2.4.27 dont je n’ai plus grand besoin.

Commençons par l’installation, qui n’a pas posée de problèmes. Ce qui est sûr c’est que l’installateur n’est pas un modèle de simplicité. Déployant beaucoup de serveurs, on va pas se plaindre, j’aime bien le mode texte mais cela peut rebuter quelques uns. L’installateur supporte à présent la création de partitions RAID pour faire une installation directe, ce qui est vraiment bien. Premier démarrage et choix des paquets, je prends station de travail, ce qui demande environ 350MO de téléchargement (KDE + Gnome + le système XFree), sur une ligne 2MO, j’en ai eu pour environ 20 minutes. Vient ensuite le paramétrage de X, je savais que 4.3 était ancien. Pour des problèmes de licence, 4.4 n’a jamais été porté dans sarge et X.org (son successeur libre dans l’esprit de la licence GPL) n’arrivera que dans la prochaine version de Debian. J’ai donc rusé et installé les pilotes non officiels d’un mainteneur Debian. Il vous faudra donc éditer votre /etc/apt/sources.lists et ajouter :

  • deb http://people.debian.org/~rdonald/nvidia unstable/i386/
    deb http://people.debian.org/~rdonald/nvidia unstable/all/

Vous pouvez aussi recompiler votre kernel mais vu le travail de cette personne, je trouve plus judicieux de s’en servir. Il vous faut alors ensuite recompiler le pilote pour votre carte, j’ai pour cela utilisé ce petit script fait maison. J’ai alors pu configurer et démarrer mon interface X qui ne voulait pas de mon 1280×1024 car il était un peu perturbé par mon moniteur LCD. J’ai dû ici aussi modifier mon fichier de configuration pour entrer les bonnes résolutions et ModeLines. Quelques peu irritant si l’on considère que les autres distributions le font correctement (une des raisons pour lesquelles Ubuntu, projet dévié de Debian, a intégré X.org dans sa distribution). Premier démarrage sous Gnome (choix par défaut de Debian). La version 2.8.3 est celle fournie par la distribution, qui se veut d’ailleurs de très bonne facture, je n’ai pas trop besoin de revenir sur cet environnement.

    Une fois les bons pilotes installés, l’accélération 3D est correcte, mais pas top. Bon ok, une moyenne de 8800fps c’est bien, mais sur ma gentoo, la même machine obtient 11000fps en 24bits. Principalement car j’active le Fast Write et le Side Bandwidth. Synaptic est un gestionnaire de paquets en mode graphique (pour le mode texte, préférer aptitude qui fait du très bon travail). Synaptic a été bien retravaillé et je considère maintenant à l’utiliser alors que je préférait le mode texte auparavant. Pour la partie son, j’ai eu quelques soucis. En effet l’installation station de travail n’installe pas les pilotes ALSA, mais le correctif est simple, faîtes un simple : apt-get install alsa-base alsa-utils && alsaconf ce qui va vous paramétrer tout seul comme un grand votre carte (si celle-ci est bien supportée par Linux). Vous pouvez ensuite changer les niveaux sonores par la commande alsamixer et appuyez sur M si le volume sonore principal marque Mute.

    L’installation station de bureau vous donne aussi KDE 3.3, je sais que KDE 3.4 est dans les bacs mais la philosophie Debian et de rendre le plus stable possible les applications proposées dans la version stable et c’est exactement ce qu’ils font. A signaler que pour sarge et XFree. des paquets X.org existent que vous pouvez trouver ici : http://www.debian-desktop.org/. Je vous déconseille l’intégration des paquets Ubuntu. Pour la petite histoire, j’utilise sarge en installation depuis plus d’un an sur des stations d’université et cela marche vraiment bien, tout le matériel se fait généralement détecter sans aucun problème et les stations sont relativement stables.

    Toujours dans la section multimédia, totem est disponible pour lire des DVDs et autres médias. J’ai installé libdvdcss pour lire les DVDs des méchants d’hollywood. J’utilise pour cela les paquets de Christian Marillat, qui sont disponibles pour x86. La même page contient des sources pour PPC et AMD64, donc je vous conseille un petit passage par ce site pour récupérer des paquets tels que mplayer, libdvdcss, etc …

    Debian livre Evolution 2.0.4 (suite logicielle comparable à Outlook) qui vous permettra de gérer efficacement votre vie professionnelle et recevoir ces emails super importants sur la réunion de 15h. OpenOffice.org est livré en version 1.1.3 ce qui se fait un peu vieux (en effet la 1.1.4 est la dernière stable et la 2.0 est en passe de devenir la nouvelle stable) mais il faut encore ici resituer la rigidité de Debian en ce qui concerne la correction de bogues. Resituons également le contexte en précisant qu’ils maintiennent 11 architectures (fortement ouvert à discussion en ce moment d’ailleurs), et que les bogues sont différents selon les plateformes.

    Le support des périphériques USB n’a posé aucun problème, enfin presque. Il n’aime pas que je ne sois pas root, notamment pour mon scanner. La solution est de bien préciser votre utilisateur dans le /etc/groups pour hal, audio, cdrom, scanner, etc … Il est bien sûr possible de modifier les permissions de /proc/bus/usb mais pour une raison obscure, il n’a pas voulu. La gestion multimédia a sinon marchée sans aucun souci.

    Une petite note à présent concernant le déploiement de Debian en environnement de serveurs. J’utilise Debian depuis 5 ans et sid (instable) depuis 3 ans en serveurs, ainsi que plusieurs variétés de stable (potato, woody et sarge) et je dois dire que pour du serveur, Debian marche excessivement bien, une fois installé, plus aucun besoin de réinstaller quoique ce soit, toutes les mises à jour sont par le réseau mais là où certaines distributions rendent la mise à jour incompatible, Debian a toujours mis un point d’honneur à faire de chaque mise à jour l’opération la plus simple possible.

Enfin, pour ce test, je dois dire que Debian Sarge est quand même très loin de Woody (dont j’avais fait le test en septembre 2002). Sarge contient plein de bonnes choses qui devraient faire le bonheur des administrateurs en ce qui concerne l’administration par le réseau d’un parc de machines (que cela soit stations ou serveurs). Les plus fous tourneront en sid (j’ai plusieurs serveurs sous sid) ce qui marche franchement pas trop mal si ce n’est un bug critique tous les 6 mois ou plus. Donc sarge a beaucoup pour plaire, et pourra séduire beaucoup de personnes par sa simplicité d’administration. Elle ne fait pas partie des distributions les plus simples à installer mais une fois en place, sa communauté a suffisamment à apporter pour contenter.

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