Quitter Debian, pourquoi? Mes raisons et ma nouvelle destination.

Ça fait un moment que je pense quitter Debian, j’ai des raisons que je vais citer ici, c’est pas des défauts importants, juste que je ne m’en sors plus dans ce labyrinthe qu’est Debian quand on veut participer. Tout va bien dans cette distribution tant qu’on se contente d’être utilisateur et non contributeur, j’en parlais déjà en Juin 2018, je disais notamment que Debian pour contribuer, ce n’était pas du tout évident:

J’explique donc, sous Debian j’ai fais une demande par reportbug pour Ghostwriter, un simple éditeur Markdown comme il en existe plein, rien de folichon donc, je fais le paquet via debuild, je me créé un compte sur Debian-Mentor et je l’envoie là-bas. Je fais ensuite un second rapport pour signaler que le paquet est bien fait mais qu’il me faut un sponsor pour qu’il soit sur les dépôts officiels. Ça c’était en avril, depuis rien.

Je ne suis pas grand fan de faire un paquet depuis zéro, je voulais surtout faire du backport et c’est là que ça se complique encore plus et qu’on voit les limites de “moi mainteneur, je suis Dieu pour mon paquet!”. Il faut avant tout demander au mainteneur du paquet son autorisation par mail, si si… Ensuite faut demander toujours par mail, au dernier rétroporteur si différent du mainteneur habituelle, si il y en a plusieurs, faudra alors en faire la demande aux autres du moins à ceux qui ont souvent tendance à le rétroporter… Ensuite faut faire son annonce comme quoi on veut faire un backport de tel paquet sur la mailing-list, enfin on fait le paquet. De là, on recommence avec la connerie plus haute pour trouver un sponsor. Mais entre temps, pour faire le paquet, il faut récupérer les changelogs du dernier rétroporté ainsi que de la nouvelle version, fusionner le tout dans notre changelog.

Dans mon cas, ce sont des jeux, notamment 0ad, j’ai fait des mails et personne m’a répondu, vu le peu d’intérêt pour le paquet Ghostwriter plus haut et au vu du peu d’utilisateurs connaissant réellement l’utilisation du dépôt backport sous Debian (fonctionnant totalement différemment des autres distributions), je fini par le faire que pour ma gueule et c’est con. J’en ai fais quelques uns, 0ad 0.23, Wenoth 1.14, minetest, rock’s’diamonds, … on arrive facilement par dépasser les 8 GO de paquets créés, j’en oublis aussi Mate que je m’étais fait pour tester la dernière version.

Je me dis que ce n’est pas la peine de garder ça pour moi, c’est une perte, je pourrais me faire un dépôt privé mais je ne suis pas connu dans le monde Debian, j’ai pensé qu’un site et forum francophone sur Debian bien populaire pourrait faire, non pardon, mettre en place ça et non, je me suis encore trompé. Ça n’intéresse personne d’avoir un backport bien vivant et complet, donc je passe à autre chose.

J’ai tenté de quitter Debian, puisque j’étais en full Debian chez moi, mais non, j’y suis revenu, sauf que du coup le portable lui est resté sous openSUSE et se porte pas plus mal, j’aurais aimé que ce soit mon PC de tous les jours mais pour le moment je n’arrive pas à lâcher ma Debian. J’ai donc retenté l’aventure contribution chez Debian suite à des mails d’encouragements et un en particulier qui m’expliquait bien mieux le comment et pourquoi. Je le dis clairement ici, je reste patient car il n’y a pas le feu mais si je vois que c’est trop la merde, je lâcherais pour de bon Debian, oui je veux rendre à la communauté ce que j’ai pris et dans le cas Debian, si je reste dessus, je ne pourrais pas le faire. Je demande pas la lune, je demande pas quelque chose où on voit mon nom en or, je ne demande pas un truc officiel, juste contribuer rien de plus.

Quand on relis mon billet sur les contributions, on peut y voir de l’amertume, Carl Chenet développeur Debian expliquant qu’il regrettait le manque de contributions des utilisateurs, rendant coupable les simples utilisateurs non-contributeurs de tous les maux, je trouve ça comique à la vue de la complexité pour contribuer chez Debian face à la facilité décomplexant de le faire chez openSUSE.

Le travail est fait, ça ne vient pas 100% de moi, Ghost m’a corrigé et grâce à lui tout est dans l’ordre, le paquet est parti pour être dans l’archive, ça c’était courant Octobre 2018, le truc c’est que depuis plus rien, pas un bruit, on attends, quoi je ne sais pas mais on attends…

Clairement il y a une merde dans le moyen de contribuer chez Debian, du coup, j’ai bien vu au moins un paquet abandonné que j’utilise et qui demande d’être pris en charge, mais ça me donne pas envie. Je pense que Debian devrait travailler la-dessus, faciliter la contribution des non-développeurs Debian.

En contre partie, hier j’ai vite fait balancé une mise-à-jour pour le paquet Youtube-dl pour openSUSE qui à été pris en compte ce matin, sauf que j’ai tellement été vite que j’avais oublié de faire le changelog et du coup un refus avec explication, puis une fois refait ce fut accepté. Je me sens moins coupable de “profiter” du Libre comme dirait Fred dans son billet reprenant celui de Carl Chenet. Le méchant utilisateur que je suis, a pu encore contribuer en retour mais pas pour sa principale distribution qui est Debian, malgré ce que déplore Carl.

J’explique pourquoi chez openSUSE c’est bien plus simple de participer, tout se fait via OSC et l’OBS du projet, à moins que ce soit une contribution pour un paquet qui peuvent poser des soucis de brevets ou de droits et ça sera l’OBS de Packman qui sera utilisé du coup après une inscription au préalable chez eux, je le redis ici, Packman est ce qui s’apparente à RPMFusion pour Fedora… Un seul endroit pour contribuer au projet openSUSE, alors que sous Debian, comment dire, on part sur un peu partout, on nous parle d’Aliothh, du Dépôt CVS Debian, enfin de compte non, les deux ont dû fusionner si je comprends bien, maintenant c’est sur le Gitlab Salsa de Debian et le projet Debian-Mentor.

Chez openSUSE, on fait ce qui nous plaît sans demander quoique ce soit, après c’est accepté ou refusé mais il n’y a pas de frein, c’est en gros la loi de celui qui décide est celui qui fait, sous Debian interdiction de marcher sur les plates bandes des Dieux de l’Olympe pardon, développeurs Debian.

Va falloir que je me décide pour de bon sur ce que je fais avec ou non Debian, car ça commence à me taper sur les nerfs.