Mageia 7 bêta2 est disponible pour tester.

Après un énième accrochage avec un certain Davidavid, développeur Mageia et modérateur chez MLO, j’ai voulu un peu voir le travail –pour ne rien cacher, je voulais avoir de quoi casser la distribution– sur cette bêta 2 de la Mageia 7. Bien grand mal m’en a prit, car –et je suis sur le cul, je sais pas comment dire ça–, cela va en surprendre plus d’un du reste, mais merde, quelle claque!!!

Alors je n’ai pas fait de test dans la longueur, je garde ça sur une clef de 60 Go, c’est ma manière de tester sans trop abîmer mes disques de mon PC. J’ai donc lancé l’installation de la version 64 bits, pas de grands changements dans l’ensemble, l’installateur n’a pas ou peu subit de changement, à quoi bon, il marche et fait le job. Je choisi le bureau KDE, pardon Plasma, pour moi, Mandriva Mageia est comme openSUSE, surtout populaire dans sa version KDE. Sinon, la version GNOME n’apporte rien de plus, ce bureau étant totalement uniforme peu importe la distribution. Du coté de XFCE, je n’ai jamais aimé ce bureau dans cette distribution, le look –je ne sais pas si il a été gardé (en faite si la preuve en image)– façon GNOME 2 que nous imposait Mandriva pour ce bureau m’insupportait.

XFCE

Peut être revoir un peu le look de l’installateur, la police (fonts) est peu orthodoxe, le look général fait vieux, les différentes fenêtres qui s’affichent sont trop angulaires. J’ai connu plus sympa comme installateur et surtout plus moderne. Pour les captures de l’installation, j’ai utilisé Virtualbox et Machines de GNOME, ne sachant pas faire comme sous Debian des captures d’écran depuis l’installateur (est-ce au moins possible?).

installation boot

installation langue

installation bureau

Je laisse donc faire l’installation, une fois que les paquets ont été chargé et installé, on me demande les informations du compte, deux ou trois bricoles puis l’installation est fini, c’est l’heure de redémarrer.

Au démarrage, je suis accueillis par le Mageia-Welcome, il a été retouché depuis la dernière fois, il est toujours aussi sympathique, avec un bref aperçus des choses à faire.

Mageia-Welcome1

Mageia-Welcome2

Le Mageia-Welcome est quelque chose que j’approuve sur cette distribution, il n’y en a pas tant que ça qui font cet effort, de proposer quelque chose pour accueillir et expliquer un peu les premières étapes à effectuer. De mémoire, seul Mint et Manjaro propose un truc se rapprochant, mais n’allant pas aussi loin que celui de Mageia.

Je parle de Plasma car c’est une vraie réussite, quand on disait que Mandriva peaufinait son bureau KDE jusqu’à mettre de coté le reste des bureaux, et bien on peut dire de même, une réussite vous dis-je. Toujours le thème Brise mais made in Mageia, changement de couleur des contours de fenêtres qui passe du gris habituellement pour ce thème à un bleu clair, changement de certaines icônes pour mieux aller avec le reste de l’ensemble, un wallpaper toujours aussi bien réussi (pour l’instant celui de la 6 si je ne me trompe pas, mais celui de la 7 devrait garder plus ou moins les mêmes codes, enfin je l’espère),… non visuellement c’est réussi. Je la trouve plus travaillé visuellement que l’openSUSE dont je suis un fervent utilisateur au quotidien!

aperçu de plasma

aperçu de plasma

aperçu de plasma

aperçu de libreoffice

aperçu de libreoffice

aperçu de gimp

En terme d’application on est dans le correcte, ni trop ni assez, juste la bonne limite pour permettre de couvrir tous les besoins d’une utilisation standard. On pourra en rajouter facilement avec au choix –et je pense que c’est une erreur de garder les deux– URPMI et DNF. Comme je le dis, c’est pour moi une partie qui blesse, je pense que ce n’est pas une solution de garder les deux, il faut faire un choix, soit on garde l’ancêtre qui fait de la résistance et qui a le mérite de toujours savoir se sortir des mauvais coups; soit on prend le challenger, le petit nouveau, mais d’une part, il apporte peu d’amélioration en terme de vitesse si ce n’est pire, d’autre part ses sorties je les trouve autant si ce n’est plus, incompréhensibles ou peu pratiques, et en dernier lieu, j’ai réussi à le mettre mal dans une simple opération de mise à jour, alors que URPMI, lui a réussi. C’est pas la première fois que j’arrive simplement à mettre à mal DNF, sur une Mageia 6 et une Fedora 28 puis 29, j’avais facilement réussi à lui rendre la vie impossible. Pourquoi Mageia s’entête à toujours reprendre ce que Fedora/Redhat fait, alors qu’il y avait bien mieux? Zypp et Zypper de chez openSUSE sont de vraies perles que ce soit en terme de vitesse ou de réussite, je n’ai jamais eu une simple mise-à-jour qui part en sucette ou qui échoue ou encore comme je l’ai vu sur Fedora 28 et Mageia 6, impossible à faire… Et pourtant je lui mène la vie dure à ma openSUSE! Dans le même état d’esprit, pourquoi avoir prit COPR de Fedora/Redhat alors que OBS de openSUSE était plus vieux et plus fonctionnel… Autant je sais travailler avec OBS/OSC et faire de la maintenance de paquet autant que COPR, je ne comprends pas –j’essaie pas– et surtout je n’arrive pas à faire des trucs simples comme chercher des paquets ou du code source…

L’autre erreur toujours dans le même chapitre, c’est DNFDragora, je suis plus trop sûr de son nom, je parle de l’interface de DNF fait par l’équipe Mageia, reprit par ailleurs chez Fedora, ce n’est guère une réussite, je pensais jamais qu’on pouvait faire pire en terme de lenteur, de praticité ou d’ergonomie que le RPMDrake mais si et l’interface de DNF gagne haut la main quand et seulement quand il arrive a finir ce qu’on lui demande sans planter.

Je trouve aussi qu’il y a bien trop de dépôts, pas loin de 40 car on a les 64 et 32 bits de mélangé et c’est encore une reproche que je lui fait. Chez les autres, je pense a openSUSE ou Debian, on n’a pas besoin d’être vigilant sur l’architecture du paquet (à savoir 32 ou 64 bits), chez Mageia et anciennement Mandriva –puisque ce sont des tares qui viennent de cet héritage–, il faut bien faire attention de cocher le paquet de notre architecture car les deux sont présentes.

aperçu de CCM+dépôts

La dernière tare au niveau gestionnaire de paquets, c’est les téléchargements et les installations de paquets par lots, bon de nos jours URPMI télécharge/installe par lot de 3040 paquets, mais il suffit que l’on ait une coupure d’électricité ou d’internet à ce moment et on se retrouve avec un système moitié mit à jour et sûrement peu ou pas utilisable/lançable… Je pense clairement que URPMI doit faire comme ses contemporains de nos jours –et depuis toujours?–, c’est à dire télécharger tout d’un coup et installer qu’ensuite l’ensemble.

Voila, je pense donc qu’il faut garder URPMI au lieu de vouloir le remplacer par DNF pour faire une Fedora bis, mais surtout qu’il faut travailler dessus, le remettre au goût du jour, faire par exemple ce que APT fait depuis toujours comme télécharger tous les paquets pour les installer ensuite en une fois. Une pistes serait de commencer par changer le comportement qui fait que URPMI télécharge et installe par lot, une autre serait d’améliorer le code en y ajoutant des amélioration venant de Zypp ou DNF –qui coule de ce dernier–, un autre serait aussi de revoir l’interface graphique; je sais que Yast (module installer/supprimer des applications) et Synaptic ne sont pas des stars de modernité mais ils ont le mérite d’être utilisable, claire, rapide, demandant peu de ressources… Fermons cette parenthèse.

En ce qui concerne les versions des applications, c’est du très récent, Kernel 5.0.1, Plasma 5.14 qui doit passer en 5.15 (je n’ai pas accepté la mise à jour), GNOME 3.30 qui passera en 3.32 normalement, XFCE 4.13 –oui c’est toujours la version 4.12 qui est dite stable mais Mageia décide de mettre la 4.13 et de certainement migrer en cours pour la 4.14 si elle sort entre temps, c’est pas plus mal–, Mate 2.20 avec sûrement une montée de version en cours de route vers la 2.22 quand celle-ci sortira, le dernier Firefox ESR 60.5, ainsi que le dernier Thunderbird 60.5. Toutes les applications sont bien présentes dans leurs versions les plus à jour. C’est déjà un intérêt par rapport à Debian Stable et openSUSE Leap qui peut séduire ceux qui veulent du stable sans que ça soit trop vieux.

Une chose de bien, le support multimédia est opérationnel –“out of the box” comme dirait l’autre– pour les vidéos DivX ainsi que d’autres codecs multimédia audio et vidéo. J’ai pu mater avec VLC des films qui sont dans différents formats sans rien ajouter, sans même activer les dépôts “Tainted”. Je dis ça car c’est pas toujours le cas, je pense notamment à openSUSE ou Fedora qui, soit ils n’ont pas VLC dans leurs dépôts et faut ajouter un dépôt externe, soit si ils ont bien VLC dans leurs dépôts, c’est une version castrée qui n’est pas capable de lire des fichiers multimédia avec brevets ou non-libres. Pour Mageia, faudra quand même passer par la case cocher “Tainted” pour avoir un VLC capable de tout lire. En effet, je n’avais pas accès à l’UPnP dans réseau local.

aperçu de VLC

aperçu de VLC+film

Une chose qui me chagrine, c’est l’entêtement des développeurs de continuer de proposer toujours autant de bureaux, environnements et d’applications alors qu’ils ont un mal de fou à suivre et c’est bien normal quand on voit le peu qui sont dans le packaging.

image capture site Mageia contribution

Comme on peut le voir sur la capture de leur site, deux choses qui frappent, premièrement il y a pas moins de 5068 paquets non maintenues dans les dépôts, pour comparer avec Debian qui a bien plus de paquets et de mainteneurs, nous avons 1394 paquets orphelins.

capture site Debian orphelins

C’est juste énorme, cela montre bien à quel point l’entêtement est impressionnant. Je pense que réduire la voilure ne serait pas un luxe, se contenter de KDE et d’un bureau léger comme XFCE serait largement suffisant, ne parlons pas des applications qui sont en triples…

Deuxièmement, on voit dans ce graphique le peu de mainteneur actifs actuellement, je pensais voir une trentaine de pseudos actifs et on se retrouve avec moins de dix. Dans ce cas, je trouve que c’est un exploit de maintenir autant d’applications et de bureaux dans cette distribution, je tire mon chapeau car c’est un vrai tour de passe passe.

Maintenant je vais parler du point fort –faible pour moi– de la distribution, le CCM ou MCC (Centre de Contrôle Mageia), il est plus ou moins complet, en tout cas il est suffisant pour bien des besoins, là où Yast de openSUSE est bien trop complet pour une utilisation standard. Dans les points forts, je le trouve rapide et simple. Il fait le job et c’est bien, par contre la partie gestionnaire de paquets est à chier (normale RPMdrake). La partie dépôt est pas mal, il permet simplement en cliquant de récupérer tout les dépôts et ils sont nombreux! J’ai pu facilement installer mon imprimante via le module imprimante –en même temps nous sommes en 2019 et ce sont des imprimantes HP–, ainsi que la partie scanner que j’ai pu partager par le réseau via le module du même nom. J’ai pu aussi faire un tour dans le vieillissant MSEC, module qui sert à gérer les degrés de sécurisation, malheureusement c’est un module qui date de Mandriva et que personne n’améliore puisque personne ne sait toucher à son code –la personne l’ayant créé étant décédé depuis bientôt dix ans–. J’ai toujours aimé ce module qui fait des vérifications journalier (voir plus si on le souhaite) et nous fait un rapport par courrier. Je suis ensuite allé dans la partie pare-feu pour ouvrir deux ou trois ports pour tester certaines choses dont le partage UPnP via MiniDLNA.

aperçu de CCM

Le CCM est LE point fort de la distribution, il permet d’administrer son OS simplement dans sa langue, de toucher à des réglages qui normalement ce font seulement via fichiers ou commandes, voir aussi de gérer un serveur sans se prendre la tête. Je n’ai pas installer les modules pour les serveurs et donc je n’ai pas tenter de régler un service de cette manière mais de mémoire et l’ayant fait à l’époque de la Mandriva 2006/2007/2008, on doit pouvoir régler et gérer un serveur web (via Apache), mail (via Postfix), FTP (via Proftpd), SSH, Samba, DNS, … C’est un très bon outils mais qui malheureusement fait son age et qui manque d’entretien, là où Yast est continuellement améliorer, le CCM est un peu à l’abandon et devrait du reste, être remplacer par les Manatools si c’est encore d’actualité.

C’est une bonne distribution, en tout cas ça s’annonce comme une bonne version, on ne peut pas dire le contraire, comme l’a été la version 6 sauf que celle-ci a subit des choix peu orthodoxes comme mettre dans une version fixed un nouveau Plasma en cours de route et qui a posé pas mal de soucis chez certains tandis que d’autres n’ont rien eu… J’espère que pour la 7, ce choix ne sera pas de nouveau fait car ça a mit le boxon sur pas mal de PC. Maintenant trouvera t’elle son public? Et oui, c’est pas facile car elle est dans des cases où la circulation est complexe, une Fixed qui mise sur la stabilité, j’en connais un paquet comme Debian et openSUSE Leap (j’utilise et installe dans mon entourage principalement ces deux la), Slackware, Gentoo/Calculate linux, Ubuntu LTS, Centos,… Même en resserrant un peu les choix sur des distributions modernes et faciles d’utilisation, on retire seulement Slackware –car en 2019 ne pas avoir la gestion des dépendances…–, Gentoo –en 2019 devoir compiler…– et il reste encore du beau monde comme Debian (Centos dans une autre mesure) qui n’est plus aussi compliqué que cela, ça a bien évolué et reste seulement la partie non-free à s’occuper/installer. Quant à openSUSE et Ubuntu c’est du très simple et seule reste la partie multimédia et l’ajout d’un dépôt (très bien expliqué par ailleurs). Clairement ce n’est pas évident de faire de Mageia la distribution qui tire son chapeau de la concurrence. Et je reste dans les distributions Mères et je ne parle pas des distributions “effets de mode” qui pullulent comme MXlinux, Manjaro, Solus, …

Pourtant il y a quelque chose à faire, openSUSE a toujours été boudé en France –dommage mais c’est comme ça–, Debian traîne une réputation de vielle, pas facile, pour les barbus et pros –franchement fausse–, Centos est tout autant voir pire que Debian pour la fraîcheur et n’a aucun intérêt pour les particuliers, Ubuntu fait des choix tordus comme imposer des paquets en Snap alors qu’il y a aussi le même paquet en DEB d’installer… Je ne parle pas de Mint qui niveau sécurité avec une politique de temporisation, est à chier, ni de Manjaro qui dès que ça se complique ça reste une Archlinux à peine déguisé… Tout ce qui est à la mode actuellement et dans le top 10 des curiosités dans le classement de Distrowatch ne sont que des bases Debian, mais j’y reviendrai dans un prochain billet.

Si vous en avez marre de la suprématie des Debian-likes, si vous en avez marre de vous casser les dents avec les rollings soi-disant facile d’utilisation comme la Manjaro, si vous ne voulez pas jouer aux bêta-testeurs pour RedHat avec sa Fedora, si vous n’aimez pas le vert de la openSUSE alors pourquoi pas Mageia.