On se fait chier dans le monde du libre?”

Je lisais le billet de Fred, nommer sobrement “Mais qu’est-ce qu’on se fait chier dans le monde du libre actuellement !” et comme toujours je trouve qu’il voit le verre à moitié vide.

site de Fred

En fait c’est pas son premier billet du genre, disant que le libre ne bouge peu ou pas, comme il le dit lui-même:

Je l’ai exprimé plusieurs fois sur le blog, mais depuis en gros 2015, le monde du libre n’avance plus vraiment que par petite touche. Les générations de distributions se suivent et se ressemblent. Les nouveauté réelles se font de plus en plus rares, et on est dans une évolution lente. Entre deux versions majeures d’Ubuntu, qu’est-ce qui change mis à part les outils de bas niveau et l’environnement de bureau qui sont synchronisés par rapport à ce qui est disponible en amont ? Rien ou presque.

je pense clairement que c’est un manque de recule et aussi qu’il ne prend pas une vision d’ensemble.

Dans les faits, oui ça bouge peu mais pourquoi? En 2000 jusqu’en 2014, les distributions ont été survoltées, ce fut la recherche d’un meilleur chargeur, on a vu le remplacement de LILO par Grub. Puis ce fut le tour du système de fichier, ext2FS puis ext3FS puis ext4FS et je ne parle là que du principal car il y en a beaucoup d’autres… Ce fut ensuite au serveur de son, on passa de Alsa à Pulseaudio et pas toujours sans accros. On a eu la recherche sémantique avec le projet nommé Kat de Mandriva épaulé par l’Union Européenne et son concurrent épaulé par Novell du nom de Beagle.

beagle

Enfin, les interfaces devenant utilisables, on chercha à améliorer l’ergonomie alors certains projets comme GNOME ont tout chamboulé pour y arriver… Beaucoup n’aimant pas ce que le projet faisait demandèrent des modifications, apportèrent des changements qui ne furent jamais pris en considération et qui fragmenta l’écosystème GTK en donnant naissance aux bureaux Mate, Cinnamon, Unity et encore d’autres moins fignolés. En attendant, on a eu la guerre des init qui eux aussi ont joué aux chaises musicales, de SySV à Systemd en passant par Upstart, qui donna à l’une des plus grosses discordances dans le monde Debian, avec ce qui devait être un raz-de-marée de départs pour le projet Devuan et qui ne fut juste une démonstration grandeur nature de ce qui se fait de pire dans le libre: les forks à gogo et pour rien au lieu de maintenir une autre voie, ici un OS sans systemd…

debian distrowatch

devuan distrowatch

En passant, ce qui devait faire trébucher la vieille Debian, n’arrive pas ou peu à se faire entendre ni même parler d’elle, arrivant dans ce qui peut passer pour certains comme une liste de popularité, je parle en effet du site distrowtach, en arrivant 37ème bien derrière une certaine Mageia.

Alors c’est vrai et comme je le dis plus haut, il n’est pas dans le faux en disant que depuis 2015, ça ne bouge peu ou pas, mais faut y voir une certaine maturation de l’ensemble, les bureaux ne sont plus dans la course aux changements inutiles et débiles qui font qu’un jour on retire une fonction et deux jours plus tard —quand c’est pas dans la journée— on la réinsère. Mais regardons de plus prés:

Quelles sont les nouveautés vraiment « marquantes » depuis 5 ans ? - L’arrivée et la montée en puissance de Manjaro Linux - L’arrivée et la montée en puissance de Proton pour les jeux - L’arrivée et le chemin de croix des paquets universels pour se faire une place au Soleil - L’abandon de l’environnement Unity par Canonical courant 2016 ou 2017 - L’arrivée du système de fichiers BTRFS sur Fedora

La montée en puissance de Manjaro Linux a surtout été vu sur Distrowatch, comme celle de Mint avant elle et celle de MXlinux après, sinon dans la vie courante, je rencontre des gens —hors entourage— qui sont sous Ubuntu, soit par eux même ou sinon par une tiers personne —qui n’est pas moi— et on le voit aussi dans la disponibilité des applications, on peut voir souvent que Ubuntu est l’une des rares distributions à avoir un paquet du programme.

Les paquets universels doivent en effet effectuer un chemin de croix, faut dire qu’on nous a vendu ça comme la solution ultime mais pas aussitôt annoncé que plusieurs types de paquets existaient, tous avec des avantages et des défauts. Je peux aussi dire pour en utiliser et comparer avec nos paquets traditionnels (RPM, DEB et autre…) qu’il y a un manque d’intégration avec certain, comme un thème qui diffère ou une différence de langue (non traduit) et encore une lenteur. Je serais curieux de voir un système complètement assemblé depuis des paquets universels.

L’abandon de l’environnement Unity par Canonical à été —pour moi— une connerie, c’était un bureau qui avait une excellente ergonomie —si ce n’est la meilleur—. Maintenant on a un GNOME comme chez les autres avec seulement des petites modifications pour tenter de rependre un peu les avantages de Unity.

En ce qui concerne l’arrivée du système de fichiers BTRFS sur Fedora, c’est sur Fedora, car ce fichier est par défaut depuis des lustres chez openSUSE.

Maintenant pourquoi si peu de nouveautés? Qu’avions nous avant comme nouveautés dans les distributions? En fait pas grand chose de plus, si j’en crois mes souvenirs de vieux cons, si j’en crois aussi l’excellent site de FRLinux où j’allais prendre à l’époque, la température et voir à quelle sauce je me ferai manger.

On avait le droit comme aujourd’hui, à l’éternelle rengaine des changements de versions des bureaux, applications, kernels,… Parfois un chamboulement arrivait, comme celui de Plasma4 qui fut une merde pendant au moins 10 versions (arrivant à maturité vers la 4.10), un autre et pas des moindres fut le remplacement de Gnome2 par la version 3. On oublie vite mais on se battait pour avoir un truc fonctionnel, que ce soit KDE3 stable mais dont certaines applications n’en faisaient qu’à leurs têtes ou Gnome2 qui était peu ergonome et demandait des incessants aller-retour de la souris et qui manquait cruellement d’application par rapport à KDE… Non il faut pas idéalisé le passé.

Je voudrais pas non plus rappeler à certain qu’en 2000-2010 voir même un peu plus tard, on se plaignait de ne pas avoir de jeux commerciales, ce n’est plus le cas avec Steam, même si là encore ce n’est pas non plus le grand raz de marée annoncé.

Peut être que cette sensation de manque de nouveautés, est dû en partie au modèle de publication utilisé, je prend comme exemple Fred et son Archlinux, il n’y a pas de gros changement car il a les versions qui se suivent, choses qu’à l’époque où il était sous Ubuntu, les nouveautés venaient par pavé. Dans mon cas et mon utilisation de Debian, en passant de version en version, je vois bien les changements, c’est marquant.

Par contre dans les commentaires on peut lire des personnes se plaignant de la ligne de commande pour installer ou mettre à jour des paquets en 2020, mais encore une fois rien n’y oblige… Sous Debian on peut très bien utilisé des programmes graphique (Gnome-logiciels) pour installer et mettre à jour des paquets. Donc il y a aussi de la mauvaise foi.

Là où je le rejoins, c’est sur sa conclusion:

Je ne crois plus depuis longtemps que le bureau libre s’imposera un jour. Le logiciel libre est trop balkanisé pour que cela arrive. C’est simplement dommage.

Mais encore une fois je ne pense pas que c’est pour les mêmes raisons, c’est plus une question de business, quand on voit nos gouvernements accorder un droit de regard sur nos données et notre santé, alors qu’on parle de souveraineté et d’indépendance informatique.

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